|
|
18/11/2009:
Deux outils majeurs de la politique destinée à améliorer
l’efficacité énergétique viennent de faire l’objet d’un accord
entre représentants du Parlement européen et du Conseil. Ces
compromis adoptés 18 novembre portent sur l’étiquetage des
équipements électroménagers censé aider les consommateurs à
évaluer le coût de fonctionnement de ces appareils et sur la
performance énergétique des bâtiments. Ils doivent encore être
approuvés formellement pas le Conseil et le Parlement européen
(probablement début 2010).
Trois nouvelles classes énergétiques.
Jusqu’à la fin, les négociateurs du PE, conduits par la
rapporteuse Anni Podimata (S&D, Grèce), ont bataillé ferme pour
s’opposer à la proposition de la présidence suédoise qui aurait
autorisé un étiquetage « A++++» pour les produits électroménagers
les plus économes. Le Parlement européen réclamait une échelle
colorée simple et facile à comprendre, comprenant sept niveaux de
« A » à « G » (du vert foncé au rouge).
Le compromis finalement retenu autorise trois classes
supplémentaires pouvant être ajoutées à l’échelle simple allant de
« À » à « G » : « A+», «A++» et « A+++». Mais la nouvelle
étiquette ne pourra indiquer que sept classes d’énergie. Trois
scénarios seront donc possibles : 1. si les produits les plus
économes en énergie sont classés « A+ », la classe énergétique la
moins efficace sera « F » ; 2. s’ils sont classés « A++ », la
classe énergétique la moins efficace sera « E » ; 3. et s’ils sont
classés « A+++ », la classe énergétique la moins efficace sera « D
». Le système de couleur - du vert foncé, pour le plus économe, au
rouge pour le moins économe - sera ajusté en conséquence. La
classe d’efficacité énergétique la plus élevée restera toujours
vert foncé et la plus faible rouge.
De plus, toute publicité mettant en avant l’énergie ou des
informations liées au prix d’un modèle devra indiquer la
consommation d’énergie du produit en se référant à la classe
énergétique (c’était une exigence des députés). Les manuels et les
brochures des fabricants (imprimés ou sur Internet) devront aussi
indiquer la classe de consommation ou l’efficacité énergétique du
produit.
Les députés et les représentants du Conseil ont accepté de revoir
à nouveau l’échelle des classes énergétiques, une fois qu’« un
nombre significatif de produits » auront été classés « A++ » ou »
A+++ ».
A l’avenir, l’étiquetage s’appliquera aussi aux produits à usage
commercial et industriel qui consomment de l’énergie et à ceux qui
sont liés à l’énergie, tels que les entrepôts frigorifiques, les
chambres froides, les coffres d’étalage réfrigérés ou les
distributeurs automatiques. En outre, l’obligation d’étiquetage
énergétique s’appliquera aux produits qui ne consomment pas
d’énergie mais qui « ont un impact significatif direct ou indirect
» sur l’économie d’énergie comme les vitres et les châssis de
fenêtres ou les portes externes, précise le texte de compromis.
C’est un groupe de travail de la Commission européenne qui
décidera exactement des produits concernés.
Selon les députés ADLE Fiona Hall (Royaume-Uni) et Lena Ek
(Suède), le compromis est une « victoire » pour les consommateurs.
Satu Hassi (Verts, Finlande) estime en revanche que le compromis
permet à un trop grand nombre de nouveaux produits d’être inclus
dans la classe ‘A’. Elle est déçue aussi par le fait que les
dispositions relatives aux marchés publics excluent les petits
contrats et par le fait que les grands contractants devront
seulement « faire tout leur possible » pour effectuer des choix
respectueux de l’efficacité énergétique. Enfin, le président de la
commission ITRE, Herbert Reul (PPE-DE, Allemagne) a salué le
compromis car il maintient une classification familière en matière
d’efficacité énergétique.
Efficacité énergétique des bâtiments.
L’accord sur la performance énergétique des bâtiments prévoit que
les bâtiments construits à partir de 2021 devront répondre à des
normes élevées d’économie d’énergie et être alimentés, dans une
large mesure, par une énergie renouvelable. Les pouvoirs publics
devront respecter ces normes à partir de 2018. Ces changements
seront en partie financés par l’UE. Le PE a bataillé ferme pour
faire inclure dans la législation des dates limites spécifiques
pour la mise en œuvre des changements.
La rapporteuse Silvia-Adriana Ticau (S&D, Roumanie) précise que «
l’accord politique renforce le rôle capital de l’UE dans le combat
du changement climatique ». Quant au financement des changements,
la présidence a pris en considération les amendements du PE qui
exigent que les États membres élaborent des plans nationaux pour
augmenter le nombre de bâtiments se rapprochant de la norme « 0
énergie ». Ils doivent également, mi-2011, faire une liste
d’incitations financières - et autres - pour assurer la
transition, telle que l’assistance technique, les subventions, les
systèmes de prêts à faible taux d’intérêt.
Les autres dispositions incluent l’amélioration de la performance
énergétique des bâtiments existants par des rénovations
importantes si toutefois elles sont techniquement,
fonctionnellement et économiquement faisables. Les Etats membres
devraient donc « encourager les propriétaires à profiter de la
rénovation pour installer des compteurs intelligents et remplacer
le chauffage existant, la tuyauterie d’eau chaude et la
climatisation par des alternatives hautement performantes sur le
plan énergétique telles que les pompes à chaleur ou les systèmes
basés sur l’énergie renouvelable. » Des certificats seront exigés
pour tout bâtiment construit, vendu ou loué à un nouveau locataire
et également pour les bâtiments où plus de 500 m 2 sont occupés
par des administrations et visités fréquemment par le public. Cinq
ans après que l’entrée en vigueur de la législation, ce seuil sera
abaissé à 250 m 2.
Des bâtiments sont exclus du champ de la directive car une mesure
d’efficacité énergétique « changerait de façon inacceptable leur
caractère ou leur aspect ». Il s’agit des petits logements (avec
une surface couverte de moins de 50m 2), des maisons de vacances
utilisées moins de quatre mois par an (ou dont l’utilisation est
inférieure à 25 % de la consommation d’énergie annuelle), des
bâtiments servant aux activités religieuses, des bâtiments
temporaires utilisés pendant deux années ou moins, des sites
industriels, ateliers et bâtiments agricoles à faible demande
énergétique et bâtiments historiques protégés.
Le Conseil européen des énergies renouvelables (EREC) se réjouit
de l’accord, car il prévoit des niveaux minimums d’utilisation des
énergies renouvelables pour les bâtiments. Mais l’EREC précise que
la directive ne concerne pas les bâtiments meublés qui
représentent environ 99 % du parc immobilier. Le Bureau européen
de l’environnement (EEB) estime que le compromis contient trop
d’exemptions et de concessions. Il estime aussi que le fait
d’imposer une échéance en 2020 seulement pour que les nouveaux
bâtiments atteignent un niveau proche de zéro énergie, ne
contribue pas à la réalisation des objectifs de 2020 en matière de
réduction des émissions. |