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Un décret
relatif aux procédures administratives applicables à certains
ouvrages de production d'électricité va entrer en vigueur le 1er
décembre 2009. En modifiant le code de l'urbanisme et de
l'environnement, il offre un cadre réglementaire à l'implantation
de centrale solaire au sol.
Le 9
septembre dernier, alors que le ministre de l'Ecologie dévoilait
le projet d'arrêté fixant les conditions d'achat de l'électricité
produite par des panneaux photovoltaïques au 1er janvier 2010, il
mentionnait également la publication prochaine de ce décret. Le
ministre d'Etat, Jean-Louis Borloo, avait alors déclaré que ce
texte précisant que les installations au sol d'une puissance
supérieure à 250 KW doivent faire l'objet d'une demande de permis
de construire, d'une étude d'impact et d'une enquête publique,
devrait "garantir une bonne insertion environnementale des
centrales solaires, prévenir les éventuels conflits d'usage et
améliorer la concertation locale".
Ce texte se
rattache au Plan de développement des énergies renouvelables du
Grenelle de l'environnement, présenté le 17 novembre 2008, ainsi
qu'au lancement en avril dernier d'un appel d'offres pour la
construction d'ici 2011 d'au moins une centrale solaire dans
chaque région française. A cette occasion, le Comité de liaison
des énergies renouvelables (Cler) avait relevé que cet appel
d'offres ne mettait en avant aucun critère relatif aux intérêts
locaux et aux retombées économiques ou environnementales
positives. Le texte qui vient d'être publié, visant principalement
la simplification des démarches administratives, dont la
complexité est considérée comme un frein au développement de la
filière photovoltaïque, n'apporte qu'un commencement de réponse
aux questionnements en termes d'impacts paysagers et
environnementaux.
Le décret
prévoit de dispenser de formalités d'urbanisme les installations
photovoltaïques au sol dont la puissance crête est inférieure à 3
KW et dont la hauteur maximum au-dessus du sol ne peut pas
dépasser 1,80 mètre, sauf lorsqu'elles sont implantées dans un
secteur sauvegardé ou dans un site classé (art. R.421-2 du Code de
l'urbanisme). En dehors des secteurs sauvegardés et des sites
classés, les installations solaires au sol dont la puissance crête
est inférieure à 3 KW et dont la hauteur maximum au-dessus du sol
peut dépasser 1,80 mètre ainsi que celles dont la puissance crête
est supérieure ou égale à 3 KW et inférieure ou égale à 250 KW
quelle que soit leur hauteur devront être précédées d'une
déclaration préalable (art. R.421-9 du Code de l'urbanisme).
En principe, y
sont également soumises les constructions dont la hauteur
au-dessus du sol est supérieure à 12 mètres et qui n'ont pas pour
effet de créer de surface hors œuvre brute (Shob) ou qui ont pour
effet de créer une Shob inférieure ou égale à 2 m2. Toutefois, ces
dispositions ne sont applicables ni aux éoliennes ni aux ouvrages
de production d'électricité à partir de l'énergie solaire
installés sur le sol, précise le décret.
Dans les
secteurs sauvegardés, dans un site classé, dans les réserves
naturelles, dans les espaces ayant vocation à être classés dans le
cœur d'un futur parc national et à l'intérieur du cœur des parcs
nationaux, les ouvrages de production d'électricité à partir de
l'énergie solaire installés sur le sol dont la puissance crête est
inférieure à 3 KW devront également être précédés d'une
déclaration préalable (art. R.421-11 du Code de l'urbanisme).
Toutefois, l'ensemble de ces dispositions n'est pas applicable aux
ouvrages comportant des installations ou constructions ayant fait
l'objet d'une décision de non-opposition à déclaration préalable
ou d'un permis de construire avant l'entrée en vigueur du présent
décret, ainsi qu'à ceux dispensés de toute formalité au titre du
Code de l'urbanisme, lorsque les travaux ont été entrepris ou
achevés à la date de l'entrée en vigueur du présent décret,
c'est-à-dire au 1er décembre 2009.
Le décret
rétablit la procédure de l'étude d'impact pour les travaux
d'installation de centrales solaires au sol dont la puissance
crête est supérieure à 250 KW (art. R. 122-8 II du Code de
l'environnement). De tels travaux d'installation devront par
ailleurs être précédés d'une enquête publique (annexe I de
l'article R. 123-1 du Code de l'environnement). Ces dispositions
ne sont toutefois pas applicables aux projets dont la demande de
permis de construire a été déposée avant le 1er décembre 2009.
Le décret
prévoit en outre que la procédure de modification simplifiée des
plans locaux d'urbanisme (prévue au septième alinéa de l'article
L. 123-13) pourra être utilisée pour supprimer des règles qui
auraient pour seul objet d'interdire l'installation de centrales
solaires au sol d'une puissance crête inférieure ou égale à 12
mégawatts, dans les parties des zones naturelles qui ne font pas
l'objet d'une protection spécifique en raison de la qualité des
sites, des milieux naturels et des paysages et qui ne présentent
ni un intérêt écologique particulier ni un intérêt pour
l'exploitation forestière.
Le texte
apporte également des modifications à la procédure d'appel
d'offres pour les installations de production d'électricité régie
par le décret du 4 décembre 2002. La Commission de régulation de
l'énergie est chargée de rédiger un projet de cahier des charges
de l'appel d'offres, dans un délai compris entre un à six mois. La
Commission communique le projet de cahier des charges au ministre
chargé de l'Energie. Il appartient désormais à ce dernier (et non
plus à la Commission) d'apporter les modifications qu'il juge
nécessaires, avant d'arrêter définitivement le cahier des charges.
Dans un délai fixé par le ministre, compris entre deux et six
mois, la Commission instruit les dossiers.
Enfin, le texte
modifie le décret du 7 septembre 2000 relatif à l'autorisation
d'exploiter les installations de production d'électricité. Il
insère notamment un article 6-1, aux termes duquel est réputée
déclarée toute installation photovoltaïque d'une puissance crête
inférieure ou égale à 250 KW, même lorsque l'exploitant demande à
bénéficier de l'obligation d'achat prévue à l'article 10 de la loi
du 10 février 2000. Il s'agit ainsi de remédier aux difficultés
rencontrées par l'application internet Ampere (Automatisation des
déclarations de mise en production et en exploitation de
ressources électriques) destinée à l'origine a permettre la
déclaration en ligne pour les installations photovoltaïques et
éoliennes d'une puissance inférieure à 4.500 KW.
Le texte traite
par ailleurs de la question du changement d'exploitant d'une
installation déclarée. Lorsqu'il s'agit d'une installation
photovoltaïque d'une puissance crête inférieure ou égale à 250 KW,
déclarée avant l'entrée en vigueur du décret du 19 novembre 2009
relatif aux procédures administratives applicables à certains
ouvrages de production d'électricité, cette installation est
réputée déclarée par le nouvel exploitant. |