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Toutes ces garanties (hormis la garantie de livraison) commencent
à courir à la date de la réception des travaux.
Seule l'assurance Dommage Ouvrage est à
payer par le client.
La
garantie de livraison
Selon les
articles L.231-6 et L.232-1 du code de la construction, les
constructeurs et entrepreneurs ont obligation se souscrire auprès
d'un établissement financier une garantie de livraison destinée à
permettre l'achèvement des travaux en cas de défaillance du dit
constructeur ou entrepreneur.
Cette
garantie couvre les situations suivantes :
la
maison n'est pas livrée dans le délai prévu au contrat
les
travaux nécessaires à la levée des réserves n'ont pas été
exécutées dans les temps
le
constructeur est placé en liquidation ou en redressement
judiciaire
Avertissez
alors l'organisme garant qui doit mettre le constructeur en
demeure de livrer la maison, de réaliser les travaux, ou bien de
désigner une ou plusieurs autres entreprises pour terminer la
construction. Vous pouvez aussi exécuter vous-même certains
travaux.
Cette
garantie doit prendre à sa charge tous les dépassements du prix et
des pénalités prévus au contrat, mais elle peut avoir une
franchise (au maximum 5% maxi du prix de la maison).
Attention !
Il existe plusieurs organismes garants qui sont eux-mêmes
défaillants et qui continuent pour autant d'exercer en toute
impunité !
Avant de
choisir votre constructeur ou votre entrepreneur, vérifiez la
solidité de l'établissement financier qu'il a choisi.
Adressez-vous à une autorité de tutelle pour cela :
direction des établissements de crédit (01 42 92 36 08)
direction du trésor (01 44 87 22 50)
Cependant,
la loi n° 99-532 du 25 juin 1999 (J.O. du 29) a mis en place un
fond de garantie des cautions obligatoires, chargé d'indemniser
les particuliers en cas de faillite du constructeur suivie de
celle de son garant.
Avant de signer le contrat, vérifiez que votre constructeur s'est
bien acquitté de la prime d'assurance !
Avant le début de chantier, obtenez l'attestation de garantie de
livraison, soit spécifiquement pour votre chantier, soit une
garantie globale pour l'ensemble des contrats signés par le
constructeur pendant une période donnée (un an en général).
Dans ce
dernier cas, vous pouvez toutefois contacter l'établissement
financier du garant pour vérifier que votre contrat entre bien
dans le cadre de cette garantie globale.
La garantie de parfait achèvement
De même, les constructeurs et entrepreneurs doivent à leurs
clients une garantie de parfait achèvement qui courre pendant un
an à compter de la date de la réception des travaux.
Pendant
cette période, le propriétaire peut encore signaler au
constructeur ou à l'entrepreneur les anomalies de leur fait ou du
fait de leurs sous-traitants et en demander la réparation.
La garantie
de parfait achèvement est "d'ordre public". Toute clause d'un
contrat qui tendrait à exclure cette garantie ou à en limiter sa
portée serait non valable.
La garantie
de parfait achèvement couvre les dommages ayant fait l'objet de
réserves lors de la réception, qu'ils soient dûs à une malfaçon
(travaux mal réalisés) ou bien à une non conformité (travaux non
exécutés selon la demande).
Les
désordres qui n'ont pas été signalés lors de la réception des
travaux ne sont pas garantis hormis pour les défauts d'isolation
phonique.
Après
constatation des désordres, les délais nécessaires à l'exécution
des travaux nécessaires sont fixés d'un commun accord entre vous
et le constructeur/entrepreneur.
Lorsque ce
dernier refuse de donner son accord ou n'a pas exécuté les travaux
dans le délai, envoyez une lettre de mise en demeure (recommandée
+ AR).
Après
l'expiration du délai de mise en demeure, les travaux peuvent être
commandés auprès d'une autre entreprise selon l'article 1792-6
alinéa 4 du code civil.
Ces travaux
seront financés part les 5% du prix de la construction non encore
payés. Si cette somme est insuffisante, l'organisme qui a octroyé
la garantie de livraison peut être saisi selon l'article L.231-6
du code de la construction et de l'habitation.
Remarque
: en
l'absence d'engagement écrit de l'entrepreneur de réparer les
désordres, ne faites pas intervenir une autre entreprise sans au
préalable avoir assigné en justice votre constructeur ou
entrepreneur.
A
noter :
Les
désordres relevant de l'usure normale ne sont pas garantis.
Pendant cette période d'un an, cette garantie ne se substitue pas
aux garanties décennales et biennales pour les désordres y
afférant.
La
garantie biennale
Cette garantie dite de bon fonctionnement couvre le mauvais
fonctionnement des équipements dissociables de la construction
(les biens qui peuvent êtres démontés et remontés sans avoir à
"casser" une partie de la construction) :
mauvais fonctionnement du système de chauffage (chaudière,
radiateurs),
décollement
des sols (carrelages, moquettes) et des revêtements muraux
(faïences, papiers peints),
fissures sur cloisons,
sanitaires, robinetterie défectueuse,
dysfonctionnement des portes, fenêtres, volets,
...
A défaut d'accord amiable, vous devez vous adresser au juge avant
l'expiration du délai de 2 ans à compter de la date de réception
des travaux.
La garantie décennale
Elle couvre
pendant 10 ans les dommages qui compromettent la solidité de
l'ouvrage ou la rendent inhabitable (impropre à sa destination),
même s'il s'agit d'un vice du terrain :
défaut d'étanchéité de la toiture,
défaut d'isolation thermique entraînant par exemple des
condensations ou moisissures.
déformation, fissuration de la charpente,
fissuration des fondations ou d'un mur porteur qui compromet la
solidité de l'ouvrage,
affaissement d'un escalier,
problèmes de canalisations d'eau,
problèmes sur l'installation électrique,
infiltrations
d'eau de pluie,
...
En cas de
constat de malfaçons relevant de la garantie décennale, vous devez
dans les 5 jours adresser (recommandé + AR) une déclaration de
sinistre à votre assureur (celui de la Dommage Ouvrage).
Les
désordres liés aux éléments d'équipement de la maison, dès lors
que ceux-ci
sont
indissociables des ouvrages de viabilité, fondations, ossature,
toiture, menuiseries extérieures, relèvent de la garantie
décennale.
rendent la maison impropre à sa destination.
Par exemple :
- installation de chauffage au sol défectueuse,
- carrelages dont la pose détériore le support,
- décollement d'un carrelage de façade dont la chute est
dangereuse,
- installation de chauffage ne permettant pas d'obtenir une
température suffisante.
L'Assurance Dommage-Ouvrage
Principe
La loi 78.12 du 4 janv 1978 oblige les professionnels de la
construction de s'assurer
(toutes les
garanties ci-dessus) mais impose également aux maîtres d'ouvrage
(la personne qui fait construire) de contracter une assurance
dommage ouvrage.
Son but est de rembourser rapidement toutes les réparations qui
relèvent de la garantie décennale, à charge ensuite pour cet
assureur de se retourner contre le responsable des désordres.
C'est une
assurance de pré-financement. Elle vous permet d'être remboursé
sans avoir à attendre qu'un tribunal se soit prononcé sur la
responsabilité de chaque professionnel !
L'assurance
Dommage Ouvrage prend effet au terme de la garantie de parfait
achèvement (soit 1 an après la date de la réception des travaux)
et expire en même temps que la garantie décennale.
Couvertures
Idem garantie décennale (par définition :)
En
pratique
L'assurance Dommage Ouvrage doit être souscrite avant l'ouverture
du chantier.
Commencez
les recherches 3 mois avant la date d'ouverture du chantier.
Si aucun
assureur n'a répondu positivement à votre demande de
Dommage-Ouvrage dans les 45 jours (ou a fixé des prix qui vous
semblent volontairement exorbitants), saisissez le Bureau Central
de Tarification (BCT, 11, rue de la Rochefoucault, 75424 Paris
Cedex 9) en
lui adressant un dossier complet. Le BCT imposera un assureur de
vous prendre en charge à un tarif qu'il aura fixé.
Certains entrepreneurs ou constructeurs peuvent se charger pour
votre compte de souscrire une "D.O." auprès de la compagnie qui
les assurent au titre de la garantie décennale.
Mais dans ce
cas, l’assureur est à la fois « juge et partie » car il devra
défendre à la fois le constructeur et son client.
Des
sanctions pénales sont prévues en cas de manquement à cette
obligation, sauf à l'égard de la personne physique construisant un
logement pour l'occuper elle-même ou le faire occuper par son
conjoint, ses ascendants ou descendants ou ceux de son conjoint.
Néanmoins ces personnes s'exposent :
à
devoir attendre l'aboutissement d'un recours contre les
constructeurs pour obtenir réparation des dommages;
à
être personnellement mises en causes en cas de vente de la
construction, pendant la durée de la responsabilité décennale.
Deux
remarques s'imposent d'elles mêmes :
cette
assurance se superpose à celles des intervenants
le
législateur laisse clairement aux particuliers le choix de ne pas
souscrire la D.O.
Dans la
pratique, lorsque la D.O. a été souscrite, on s'aperçoit lors d'un
sinistre que les assurances en présence (D.O. et décennale) se
renvoient l'obligation de garantie et rendent plus difficile le
règlement.
En l'absence
de D.O. dans l'éventualité d'un sinistre grave, il est évident que
les assureurs en décennale ne prendront pas le risque de ne pas
reconnaître leur couverture.
Quant à la
revente, nous avons observé que notaires et acheteurs sont autant
satisfaits de disposer des attestations d'assurance des
entreprises et de l'architecte que d'une D.O. dont on peut douter
de l'intervention |