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Histoire
Le concept de « maison passive » a été élaboré en 1988 par
l'institut « Wohnen und Umwelt » (habitat et environnement) de
Darmstadt, en Allemagne, avec la collaboration de l'université de
Lund, en Suède. Le premier prototype de maison passive fut réalisé à
Darmstadt-Kranichstein, en 1991. Il fait, depuis lors, l'objet d'une
surveillance approfondie. Depuis, plus de mille « maisons passives »
ont été construites à travers l'Europe et de nombreux composants
constructifs et techniques répondant spécifiquement aux exigences de
ce type de bâtiment sont commercialisés.
Qu'est-ce qu'une maison passive ?
Une maison passive est un bâtiment dans lequel règne, durant toute
l’année, un excellent confort climatique sans qu’il soit nécessaire de
recourir à un système de chauffage ou de climatisation conventionnel.
Elle est pratiquement autonome pour ses besoins en chauffage. Elle se
contente des apports solaires, des apports métaboliques (habitants,
machines) et d'une bonne isolation, ce qui relègue le rôle du
chauffage à un simple appoint.
La maison passive est conçue selon des règles bien précises. Elle
ne doit pas consommer plus de 15kWh/m²/an pour se chauffer et
50kWh/m²/an au total. Pour arriver à de tels résultats, il est
impératif de réduire les pertes de chaleur et d'en maximiser les
gains. Construite dans une logique d'architecture durable, elle est
conçue avec des matériaux performants, sains et les moins polluants
possibles.
Norme énergétique
La
norme allemande "Passivhaus" est accordée à partir d'un besoin de
chauffage inférieur à 15 kWh/m²/an, et un besoin de moins de 50
kWh/m²/an d'énergie finale (les 15 kWh/m²/an du chauffage + l'énergie
nécessaire au chauffage de l'eau + l'électricité consommée par la
ventilation + climatisation+électricité domestique). En comparaison,
les logements des années 1960 et 1970 nécessitent en moyenne, 340
kWh/m²/an.
La norme fixe également des exigences minimales au niveau de la
résistance thermique des différents éléments de l'ouvrage (murs,
fenêtre, toit, etc.).
Enfin, puisque les besoins sont diminués, la part des apports internes
dus aux occupants de la maison et à leurs activités n'est plus
négligeable, et au contraire devient un apport important. C'est pour
ces raisons qu'on utilise le terme de "passif" car la majeure partie
des besoins de chauffage sont remplis automatiquement, sans appareil
mécanique ni surveillance ou programmation. L'inconvénient c'est que
les performances de la maison deviennent dépendantes du mode de vie de
ses occupants
Par rapport à un bâtiment conventionnel, une « maison passive »
présente bien des avantages. Elle génère de grandes économies de
chauffage, offre un meilleur confort thermique et garantit une
excellente qualité de l'air.
Le fonctionnement
Pour réduire ses besoins énergétiques, la maison passive a recours
à quatre piliers.
Ces quatre piliers sont indissociables: l’isolation thermique,
l’aération, les fenêtres, les ponts thermiques et l’étanchéité à
l’air.
1. L’isolation thermique: toute la partie habitable est emballée
dans une épaisseur qui peut atteindre 60 centimètres d’isolant
thermique afin de subir une perte de chaleur vraiment très limitée. Le
garage et la cave sont des éléments séparés de la maison, il n’y
aucune communication pour empêcher précisément les déperditions
caloriques. Ici, la chaleur humaine, les appareils électroménagers
ainsi que l’éclairage font office de «radiateurs» et produisent une
énergie gratuite, répartie dans la maison grâce à cette bonne
isolation thermique. En fait, c’est toute l’activité de la maison qui
va générer la chaleur ambiante. Deux types de bâtiments sont
possibles: la construction dans un «thermos» en béton avec des murs de
60 centimètres dont la moitié d’isolant Ou la construction en bois
sans vis, chaque élément étant taillé en «queue d’hirondelle» pour
permettre un bon assemblage sans aucune fuite. Dans ce cas aussi la
couche d’isolant est importante. A titre d’exemple : laine de chanvre
6 centimètres, cellulose 27 centimètres et fibre de bois 6
centimètres. Dans les deux cas, il s’agit d’obtenir un bâtiment
hermétique.
2.
L’aération:
le deuxième pilier du concept de «maison passive » est la ventilation
en fonction des besoins. Elle assure continuellement une parfaite
qualité de l’air interne et cela indépendamment des conditions
climatiques externes. Un ventilateur mécanique à double flux avec
récupération de chaleur insuffle de l’air frais dans les espaces de
vie et extrait l’air vicié des espaces utilitaires. Ce système de
ventilation est possible au départ d’un puits canadien, appelé aussi
puits provençal. Cette invention date des Romains, le principe repose
sur un circuit d’au moins 40 mètres creusé à deux mètres sous terre où
la température est proche des 10 degrés. fi n’y a aucune communication
entre l’air rentrant et l’air sortant.
3.
Les fenêtres:
d’un point de vue thermique, la fenêtre est un peu le maillon faible
de la paroi extérieure. C’est à travers elle que se perd la plus
grande partie de la chaleur. Mais, dans le même temps, elle laisse
pénétrer le rayonnement solaire qui participe au réchauffement du
bâtiment Un des principes de la maison passive, c’est surtout d’éviter
la déperdition de chaleur, c’est pourquoi l’utilisation d’un triple
vitrage apporte la meilleure réponse. Il va augmenter le confort
thermique par l’absence de rayonnement froid à sa proximité et les
fenêtres de grandes tailles laissent pénétrer plus de chaleur et de
lumière naturelles.
4.
Les ponts thermiques et l’étanchéité à l’air.
Une maison passive doit être construite d’une manière méticuleuse. La
suppression des ponts thermiques (balcon, terrasse, caisson de volets,
cheminée ...) permet de diminuer les pertes de chaleur mais aussi
d’éviter les fuites dues à la condensation sur les parois froides de
l’humidité contenue dans l’air intérieur. Par ailleurs, une bonne
étanchéité à l’air augmente le confort et diminue tout risque de
perte; elle garantit le bon fonctionnement de la ventilation
mécanique.
Une habitation est une "maison passive" si
elle remplit les trois conditions suivantes:
- Besoin de chauffage < 15 kWh/(m2a) (énergie utile)
- Etanchéité de l’enveloppe : n50 ≤ 0,6 h-1
- Energie primaire totale consommée < 120 kWh/(m2a) (toutes
applications confondues à l’intérieur de l’enveloppe, y compris
électroménager et usages tertiaires)
Les critères de confort doivent être respectés dans toutes les
pièces d’habitation, aussi bien l’hiver que l’été.
- La valeur U des fenêtres et autres parois translucides doit être
inférieur à 0,8 W/(m2K).
- Les parois translucides avec une orientation ouest ou est (±50°)
ainsi que les parois translucides avec une inclinaison inférieure à
75° par rapport à l’horizontale ne doivent pas représenter plus de 15%
de la surface utile (habitable) correspondante. Sinon, elles doivent
être équipées d’une protection solaire temporaire avec un facteur de
protection de 75%. Pour les fenêtres orientées au Sud, la limite est
fixée à 25% de la surface utile.
- La valeur U (coefficient de déperdition thermique) doit être
inférieur à 0,15W/(m2K) pour les cloisons opaques.
- La température à l’entrée d’air des pièces ne doit pas descendre au
dessous de 17°C. - - Une circulation d’air uniforme dans la pièce et
dans toutes les pièces doit être effective.
Efficacité de l’aération.
- Les maisons doivent avoir dans chaque pièce au moins une
aération vers l’extérieur ; une ventilation de l’habitation avec de
l’air extérieur doit être possible pendant les nuits d’été («
rafraîchissement d’été »).
- La ventilation doit avant tout respecter l’hygiène de l’air (DIN
1946).
- Le bruit causé par la ventilation doit être très faible (<25bDa).
Quels sont les avantages d'une maison passive ?
Le
principal est bien entendu écologique : une maison passive consomme
très peu d'énergie et émet environ 10 fois moins de gaz à effet de
serre qu'une maison neuve classique. Mais une telle construction est
également intéressante pour ses occupants. Côté santé, son système de
ventilation permet de filtrer l'air afin d'éviter l'entrée de
polluants et une humidité intérieure excessive, qui s'accompagne
souvent de moisissures allergisantes. Côté porte-monnaie, surtout,
elle permet d'importantes économies de chauffage sur le long terme.
Les inconvénients ?
Le
premier est d'ordre financier : à la construction, une maison passive
coûte en France entre 5 et 10% de plus qu'une habitation classique.
Par ailleurs, vivre dans une telle habitation implique de changer
certaines de ses habitudes. La principale ? Finies les fenêtres grand
ouvertes : celles-ci doivent rester fermées quasiment en permanence
afin que la ventilation ne se fasse que via la VMC double flux et
qu'aucune perte de chaleur ne soit enregistrée. Indispensable, la VMC
doit d'ailleurs est parfaitement nettoyée et vérifiée pour rester
performante. Aération, entretien... autant de gestes simples qui sont
la garantie d'une maison véritablement écologique, économique et saine
au quotidien.

L’association La Maison Passive France
contrôle la qualité et permet la labellisation des constructions
passives en France. Outre le respect des critères propres au concept
européen de Maison Passive, le label « Maison Passive » implique
d’autres critères précis, appliqués tout au long de la construction.
La validation des documents nécessaires à l'obtention du label doivent
être soumis à l’examen pendant la phase de conception, afin que des
corrections ou des suggestions puissent être apportées le plus tôt
possible.
Si le concepteur n’a pas l’expérience de construction passive,
l'association le conseille et, si nécessaire, le suit jusqu’à
l’aboutissement du projet.
http://www.lamaisonpassive.fr
Documentations :
Qu’est-ce qu’un bâtiment passif?
Télécharger ici (PDF - 2825 kB)
Article
publié par le Service pour la Science et la Technologie de l'Ambassade
de France à Berlin. Nous le remercions pour le permis de reproduction.
Télécharger ici (PDF - 826 kB)
Actualités:
Un lotissement passif dans le Rhône.
C'est une première en France, un lotissement de 31 maisons aux normes
de l'habitat passif sort de terre à Saint-Priest près de Lyon. Plus
que l'ampleur du programme - qui en fait une première en France -,
c'est la qualité et le caractère innovant de ces maisons qui
retiennent l'attention. L'architecte Thierry Roche a placé et conçu
les maisons de ce lotissement passif de façon à optimiser les apports
solaires : les façades nord sont aveugles, le pan de toit en pente
vers le sud reçoit les panneaux solaires thermiques et photovoltaïques
et il déborde suffisamment pour assurer un ombrage d'été aux fenêtres
de l'étage. Pour celles du dessous, c'est une treille qui apporte de
l'ombre, tandis que le toit végétalisé du garage réduit le rayonnement
et apporte de la fraîcheur. En outre, toutes les ouvertures sont
munies de volets roulants à lames orientables pour protéger des
surchauffes d'été. L'ensemble des parois à ossature bois et
l'isolation très épaisse en laine de verre sont montées en atelier
avec les fenêtres à triple vitrage anti-émissif à l'argon (voir la
page Fenêtres et vitrages) de manière à éliminer les ponts thermiques
La
maison passive de Saint-Priest présentée par le Groupe MCP Promotion
voir la vidéo sur FR3
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La maison
passive produit autant d’énergie qu’elle n’en consomme. La maison à
énergie positive, produit plus d’énergie qu’elle n’en a besoin.
Une maison à
énergie positive est une construction produisant plus d'énergie, plus
de chaleur et d'électricité qu'elle n'en a besoin pour son
fonctionnement. Il s'agit en fait d'une maison passive, la
construction qui produit elle-même la quantité d'énergie dont elle a
besoin pour fonctionner, mais en version plus performante et fortement
équipée en ressources d'énergie.
En effet, tous les
éléments constitutifs de la maison à énergie positive, des murs aux
toits, des verrières de véranda aux fenêtres, des appentis aux murs
d'enceinte peuvent servir pour l'accumulation de la chaleur et la
production de l'électricité. Ainsi, dans la conception de ce type de
maison, on ajoute des moyens de production d'énergie aux principes de
la maison passive. L'isolation thermique est alors renforcée et les
ponts thermiques sont supprimés pour favoriser l'isolation par
l'extérieur. Les déperditions thermiques sont limitées au maximum
grâce à une ventilation double flux. L’énergie solaire est captée au
maximum et les eaux pluviales sont récupérées et épurées. Des
équipements tel que le capteur solaire thermique, le capteur
photovoltaïque, la pompe à chaleur, le rafraîchissement adiabatique,
l'aérogénérateur ainsi que les sondes géothermiques verticales, sont
installés pour favoriser la production d'énergie. La compacité de
l'habitation est l'une des premières facettes à considérer pour
aboutir à une maison à énergie positive. La suppression de tous les
ponts thermiques et le développement intense de l'isolation est
nécessaire.
L’utilisation
d'isolants performants est indispensable. En ce qui concerne la
ventilation, le système mécanique à double flux est obligatoire. Selon
les moyens, l'installation d'un puits canadien est recommandée. Pour
les fenêtres, elles doivent à la fois faciliter le captage de
l'énergie solaire, empêcher la chaleur de sortir et favoriser
l'éclairage naturel. Pour ce qui est des parois des murs, elles
doivent également empêcher la sortie de la chaleur.
À tout cela
s'ajoute le recours aux autres éléments favorisant la production
d'énergie comme la pompe à chaleur géothermique, le capteur
photovoltaïque et le capteur solaire thermique. Si l'énergie produite
par ce dernier permet de couvrir au moins 60% d'eau chaude sanitaire,
celle du photovoltaïque permet de couvrir les usages électriques
nécessaires dans toute la maison et même plus. La maison à énergie
positive, produit un surplus ou un excédent d'énergie qu'il est
possible de revendre aux réseaux publics ou privés.
Une maison à
énergie positive permet de garantir une efficacité énergétique
performante et permet la diminution de la consommation d'énergie grâce
à son isolation performante. En matière de coût, la construction d'une
maison de ce type requiert un investissement conséquent mais
l'investisseur pourra économiser sur sa facture énergétique grâce à la
vente de l'énergie excédentaire et aux économies d'énergie réalisées.
avec cette maison, il pourra éviter les phénomènes de murs chauds en
été et froids en hiver, les surchauffes estivales, les problèmes d'air
trop humide ou trop sec ou encore les soucis de condensation,
d'humidité et de moisissures.
Les
avantages.
Avec la
maison à énergie positive, finies les douloureuses factures
d'électricité à la fin du mois ! Grâce à votre production, non
seulement vous réaliserez d'importantes économies, mais en plus vous
aurez la possibilité de revendre l'énergie que vous n'utilisez pas au
fournisseur de votre choix. Des bénéfices qui rentabiliseront l'achat
de toutes vos installations au bout d'une quinzaine d'années environ.
Pour vous aider à financer ce type de projet, de nombreuses régions
offrent des aides et des subventions à coupler avec des avantages
fiscaux. Ecologiques, ces bâtiment sont quasiment autonomes, polluent
très peu et n'émettent quasiment pas de CO2. Vous gagnerez ainsi une
maison saine et confortable à vivre tout au long de l'année.
Les
inconvénients.
L'inconvénient majeur de la maison à énergie positive reste
l'investissement de départ qu'elle réclame. En effet, ce dernier
s'avère élevé, de dix à trente pour-cent de plus qu'une habitation
traditionnelle de moyenne gamme. On recense également bien trop peu de
professionnels et d'artisans qualifiés pour réaliser ce type de
travaux, ce qui augmente les délais mais aussi les tarifs tout en ne
laissant que peu de choix aux clients. Il en va de même pour de
nombreux matériaux écologiques qui ne se trouvent pas en France et
doivent donc être importés, ce qui augmente encore la facture finale.
Enfin, nous
observons un manque de recul dans notre pays où ce type d'installation
est très récent.

La conception d’un habitat à énergie positive reprend généralement les
grands principes de la maison passive en y ajoutant des éléments de
productions d'énergie :
•
Isolation thermique
renforcée, fenêtres de grande qualité ;
•
Suppression des
ponts thermiques et isolation par l'extérieur ;
•
Excellente
étanchéité à l’air ;
•
Forte limitation
des déperditions thermiques par renouvellement d'air via une
ventilation double flux avec récupération de chaleur sur air vicié ;
•
Captation optimale
de l’énergie solaire de manière passive ;
•
Protections
solaires et dispositifs de rafraîchissement passifs ;
•
Limitation des
consommations d’énergie des appareils ménagers ;
•
Équipement en
moyens de captage ou production d'énergie (capteur photovoltaïque,
capteur solaire thermique, aérogénérateur, pompe à chaleur sur nappe,
freecooling par plancher rayonnant, rafraîchissement adiabatique,
sondes géothermiques verticales, etc.) ;
•
Récupération et
épuration naturelle des eaux pluviales.
•
L'énergie
excédentaire peut être fournie aux bâtiments voisins, mais est
généralement injectée sur des réseaux électriques ou de chaleur,
privés ou publics. |